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Aborder la sexualité avec les enfants ayant de l’autisme

«Bonjour, ma fille est autiste et je discutais l’autre jour avec des parents d’enfants autistes qui cherchaient un moyen d’expliquer à leur enfants (autiste) la sexualité. Pour certaines mamans (monoparentales) c’est un peu plus difficile car c’est pour leurs garçons… alors pourriez vous faire un article sur la sexualité expliquer aux autistes… Si c’est possible bien sûre.»

Si votre enfant commence à vous poser des questions ou à avoir des comportements sexualisés, c’est le bon moment pour parler de sexualité avec lui. L’éducation sexuelle chez les enfants qu’ils aient de l’autisme ou non reste sensiblement la même chose. Il faut simplement faire attention au comment on aborde les choses avec eux.

Comme l’explique Stéphanie Pinet, sexologue-éducatrice avec des jeunes ayant de l’autisme, l’idéal est de discuter de sexualité avec son enfant avant l’apparition de changements pubertaires et de comportements sexuels. Ainsi, on évite l’anxiété causée par des changements auxquels le jeune n’est pas préparé et l’adoption de comportements pouvant être réprimandé, comme la masturbation en public ou toucher de façon inappropriée les autres. Il est préférable d’encourager l’enfant à poser des questions sur la sexualité ou à exprimer ses inquiétudes sur les relations amoureuses. Il sera ainsi possible d’expliquer et de guider le jeune dans ses questionnements lorsqu’il le faut.

Avoir une déficience intellectuelle

Avoir une déficience ne signifie pas ne pas avoir de besoins en matière de sexualité, ne pas vouloir avoir des relations sexuelles un jour, ne pas être capable d’aimer ou de créer des liens qui durent et ne pas éprouvez le besoin de sentir que l’on se sent attiré par vous  (Autisme Montréal). Le développement sexuel des enfants autistes est sensiblement le même que celui des autres enfants du même âge, c’est plutôt le développement psychosocial qui peut influencer considérablement sur le vécu sexuel de l’enfant s’il y a des signes de vulnérabilité. Leur vulnérabilité est parfois dû au fait qu’ils manquent d’information en matière de sexualité. Ils n’ont pas toujours réponses à leurs questions ou sont parfois victimes de préjugés puissants en ce qui concerne la sexualité.

  • Ils demeureront des enfants pour toujours;
  • Ils sont et seront toujours asexués;
  • Ils sont incapables de comprendre leurs désirs sexuels;
  • Ils ont des pulsions sexuelles qui ne se maîtrisent pas;
  • Ils sont des déviants sexuels potentiels et on ne devrait pas leur enseigner l’éducation sexuelle dans l’éventualité où cela leur donnerait des idées.

Ces préjugés sont, de toute évidence, faux. Ils généralisent des faits sur une population variée et sur une population présentant des caractéristiques très différentes d’un individu à l’autre. L’important c’est de réussir à faire la part des choses à travers toutes les informations que l’on entend.

Parler de sexualité avec son enfant (masexualite.ca)

Répéter  plusieurs fois s’il le faut. Ne pas hésiter à utiliser d’autres mots, à vulgariser ce que vous dites, à reformuler afin d’être sûr que l’enfant comprenne.

Donner toujours des exemples concrets. La sexualité est parfois un concept abstrait pour bon nombre d’enfants. Utiliser des exemples concrets, vécus dans le moment présent et à la limite du tangible. Vous pouvez utiliser des images ou des vidéos. Évitez le plus possible les métaphores qui rendent, parfois, l’enfant confus, mais utilisez des exemples faisant référence à sa vie de tous les jours. Par exemple, en prenant ses jouets ou des activités qu’il fait. Plus les indications sont courtes, concrètes et imagés, plus l’enfant pourra s’approprier facilement les nouvelles informations.

Ne pas trop en dire. L’enfant peut assimiler beaucoup de nouvelles connaissances en un temps très court, mais quand il s’agit de sexualité, mieux vaut ralentir. Donner leur des informations courtes et précises sans vous étalez. Par exemple, s’il vous demande comment on fait les bébés, vous n’êtes pas obligés d’expliquer toutes les étapes physiologiques, mais allez-y avec l’essentiel. Par exemple, expliquez-lui que ça prend un homme et une femme, que le sperme de l’homme contient des spermatozoïdes qui vont féconder l’ovule, etc. Pas besoin, pour l’instant, de rajouter d’infimes détails.

 
Admettre que votre enfant est un être sexuel. Ce n’est pas toujours facile de l’admettre, mais les enfants sont des êtres sexués et ont des envies. Discuter de sexualité ne les incite pas à avoir des relations sexuelles, mais les rends davantage préparer dans l’éventualité où ils auraient une occasion d’avoir des contacts sexuels.

Enseigner le droit de refuser. Rappeler à l’enfant qu’il a le droit de dire non. Qu’il n’est jamais forcé à rien faire en matière de sexualité s’il n’en a pas envie. Par exemple, vous pouvez lui montrer des images représentants des sentiments. Faites la différence entre les sentiments positifs (quand on a envie de dire oui) et les sentiments négatifs (quand on a envie de dire non) afin qu’il essaie de reconnaître ses sentiments dans certaines situations de possibles relations sexuelles.

Aider l’enfant à reconnaître le bon moment. Il faut lui rappeler qu’il y a un bon moment pour parler de sexualité, par exemple avec quelqu’un en qui on a confiance. Lui faire aussi comprendre qu’il y a un moment et un endroit pour la sexualité en lui rappelant la notion du privé. Par exemple, si l’enfant se pose des questions ou pratique la masturbation, vous pouvez lui expliquer que c’est un geste normal et naturel, mais qu’il y a un endroit et un moment pour la pratiquer.

Si votre enfant n’est du même sexe que le votre, rien ne vous empêche de trouvez une personne ressource du même sexe que lui si vous ou votre enfant ne vous sentez pas à l’aise. Vous pouvez aussi lui parler d’amour, de relations gars-filles, de chagrins amoureux, tous des sujets qui touchent les deux sexes et qui vous mèneront parfois sur la voie de discussions touchant davantage le sexe de votre enfant (éjaculation, menstruation, organes génitaux, etc.) Rappelez-vous : vous n’êtes pas un expert, vous ne devez avoir toutes les réponses et vous avez le droit d’être mal à l’aise face à certains sujets. Dans ce cas-ci, renseignez-vous auprès de personnes ou d’organismes ressources.

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